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MANGER (retour aux sources)

"Notre société globale, après la crise Madoff (est-elle finie ?), rebondit déjà comme un cabri en disant : croissance, retour de la croissance, reprise et « rilance »… Empruntant les mêmes travers qu’auparavant, comme s’il n’y avait pas de crise (de faillite) du système, ni de contrainte écologique. Fuite en avant par inconscience, obstination et par intéressement aux bénéfices surtout, ce qui est, de toute façon, insensée.

Alors de toute part, on innove à nouveau, on re-crée…

 

…encore plus. De nouveaux produits, de nouvelles voitures, de nouveaux équipements, de nouvelles modes, nouveaux gadgets, de nouveaux magasins : tout est fait pour produire et vendre plus que jamais. Parce que c’est là que repose notre système économique traditionnel, dans sa version moderne : vivre sur le dos de la production, lutter pour l’augmentation de ses gains, donc de sa production. Au contraire, il nous faut réduire la voilure de la dépense énergétique, de la production, aller vers plus de sobriété, et aussi diminuer notre étouffement sous la profusion des choses matérielles, souvent inutiles qui, par leur masse ne servent qu’à finalement vivre plus mal. Et que dire des pollutions.

Alors moins d’avoir, plus de faire, donc d’être. Il faut diminuer la production et le gaspillage. Oui mais arrêter des productions, c’est risquer le chômage pour beaucoup, aujourd’hui. C’est bien beau, mais il nous faut encore produire pour avoir du travail, des revenus, pour vivre. (raffinerie Total) La question devient donc : produire quoi et comment ? Produire différemment.

Par conséquent, la solution doit être de produire de plus basse énergie. Changer, penser et créer de la production… qui produit moins, mais produit mieux. On en vient alors à la première des nécessités : manger. Déjà, nous nourrir. C’est un minimum fondamental. Imaginons un temps pertinent, où, dans notre « village », l’activité principale soit notre nourriture et autour de la nourriture. Et ne soit pas une activité secondaire, voire accessoire (négligeable ?). Or donc, déjà manger. Nous avons recréé les circuits courts. La piste du « bon, du bio, du local et de l’équitable ». Il faut les consolider. Ne voit-on pas qu’apparaît aujourd’hui, le bio discount. (Ah malheur !) Comment peut-on croire que l’on va faire des produits sains et de qualité en tirant les prix vers le bas ? Non, si c’est moins cher, c’est moins bien.

Évidemment, on nous trompe de re-chef. On chante parfois encore la totale liberté. « Je fais ce que je veux quand je veux » La liberté de prendre ou pas. De ne prendre que le meilleur. De gaspiller ? (chant des sirènes individualistes et néo libérales). Mais nous mangeons très régulièrement. Souvent au même endroit. Avons-nous la liberté de ne pas manger ? Nous avons nos habitudes chéries. Notre chez soi. Pour beaucoup d’entre nous une routine s’installe par la force et par le goût des choses. De l’autre côté, notre production agricole a aussi des routines. Saisonnières et régionales. Avec aléas climatiques certes et selon des tailles d’exploitation donnée, à l’échelle humaine pour nous. Et de la relocalisation qui empêchent les croisements et échanges de produits tout le temps et tout azimut. Croit-on que, dans notre jardin, pousse ce que l’on veut n’importe quand ? Que choisir, entre notre fantaisie et notre environnement ?

Nous sommes pour l’instant, très minoritaire à faire encore ce choix de l’environnement et de la raison. Tant pis pour le nombre. Et tant mieux pour nous. Car nous savons que nous trouvons là aussi le plaisir des goûts et de leur authenticité. Ensuite, le plaisir des liens humains qui vont de paire. Et la fierté de ne pas suivre le piètre modèle dominant. Cela s’accompagne de confiance entre nous, de fiabilité en nos productions. Disons d'ailleurs que, par analogie, il n’y a pas de confiance, mais que des preuves de confiance. Ça s’entretient.

Le prix du manger ne peut pas être décemment en « hard discount » industriel. La production de qualité implique des exploitations non industrielles. Donc plus de personnels et la prise en compte des aléas naturels. Et aujourd’hui un soutien particulier à l’agriculture pour lui laisser le temps de s’établir régulièrement, donc durablement. Voire de résister aux règlements qui la défavorisent par rapport à l’industrie agro-alimentaire. Si nous réussissons la bouffe, le reste suivra. On verra bien s’il nous faut, par exemple, des véhicules, combien, lesquels. Ensuite même, des logements, quels logements, etc… Des vêtements… On verra à chaque poste de notre vie comment réorganiser notre société, en commençant par préserver notre environnement proche ou non, pour dépenser moins d’énergie, moins polluer, être plus sobre, sans pour autant souffrir et même en ayant que plus de plaisirs finalement… Voilà. De l’audace : le maximum de plaisir pour un minimum d’énergie.

Alors en route pour le bon, le bio, le local et l’équitable ! La grosse patate à tous."  Oncle Jean-Mi

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